Foule intelligente

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De la personne qui nous émerveille

mars 19, 2009 · Laisser un commentaire

Toute personne nous apporte, ne serait ce que par son passage, quelque chose d’illusoire : une joie éphémère, un rire, une colère, un désir, un regard, mais une, seulement, nous émerveille.

Elle agit sur nous comme un soleil. Elle nous réchauffe. Elle nous guide encore lorsque notre âme est tourmentée. Elle sait nourrir notre sol pourvu qu’il soit encore assez riche. Elle sait attendre à l’horizon. Son éclat sait aussi se faire silencieux et agréable. Nous l’attendons chaque matin et c’est ainsi nous nous endormons. Nos mauvaises nuits ne sont que le reflet de la crainte de son extinction.

Que serait ce soleil sans celui ou celle qu’il illumine? Ce soleil n’a-t-il pas lui aussi besoin de chaleur? Nous lui rendons difficilement car nous sentons son jugement et son égoïsme. Il fait naître en nous une dépendance : son rayonnement nous irradie de force et d’optimiste.

Voulons nous vraiment quitter ce système solaire, nous éloigner de notre étoile? Cette étoile, nous la voyons comme la personne qui nous a le plus touchée depuis notre naissance. Cette étoile est création. Une clarté. Nous partageons avec elle, nos grandeurs et nos petitesses. Nous nous entendons, au milieu du silence, sur les plus hautes tonalités, des tonalités d’astres. Peu de gens savent écouter le dialogue qu’un soleil peut entretenir avec une planète.  Et pourtant nous nous devons d’être méfiant à son égard. La fixer dans les yeux nous rendrait aveugle et se rapprocher si près d’elle au point de l’effleurer pourrait nous brûler. Cette étoile est aussi chaos. Une ombre. C’est ainsi que nous aimons le monde dirait Nietzsche.

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Du besoin d’équilibre et de la naissance du déséquilibre

janvier 18, 2009 · Un commentaire

“En rêve, dans mon dernier rêve matinal, je me tenais debout, aujourd’hui, sur un promontoire au delà du monde, je tenais une balance et je pesais le monde”

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra

 

Faire comme on peut semble le mot d’ordre. Il n’y a heureusement pas de mode d’emploi, ni de manuel d’une vie intense et épanouie. Quand nous pensons avoir atteint un certain niveau de sagesse, d’équilibre, nous nous relâchons alors de notre effort et de notre volonté, et nous nous rendons compte dans le même temps que nous pouvons tomber de haut, de plus en plus haut. Mais la vie ne nécessite-t-elle pas de guerroyer, de livrer des batailles permanentes et de ce fait, d’apprendre à supporter les défaites et à affirmer les victoires? L’alpiniste doit, pour offrir à ses yeux de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives, s’élever et prendre tous les risques liés à son ascension, là uniquement est son bonheur.

La vie mérite bien cette force immanente et surprenante qui nous fait faire milles erreurs pour une joie.

Les mots et même parfois de simples lettres réclament notre compréhension. 

Equilibre. Un mot de neuf lettres. Neuf lettres qu’on ne peut partager de manière égales et donc qu’on ne peut harmoniser, pondérer, équilibrer. Il prend tout son sens. Le désir d’équilibre est fait de tâtonnements, d’incertitudes, d’errements. L’homme devant une telle balance doit peser ses intentions au risque de déséquilibrer profondément l’ensemble.

Plus que de peser, il se doit d’assez de sagesse pour voir et apprendre que la conséquence de ses actes dépasseront toujours ses intentions initiales.

Là, se trouve une idée parmi d’autres de la légèreté, celle de l’inattendue, de l’imprévisible. Accepter le fait qu’on ne peut pas tout contrôler, que les choses de la vie nous échappent sans raison mais aussi que nous somme capable de les supporter comme telles. La sensibilité d’un tel équilibre est alors rendu difficile. Rappelons nous que Zeus, dans L’Iliade, dispose de « balances sacrées » lui permettant d’apprécier le sort des mortels, le poids qui guide leurs destinées. Du sort le plus lourd demeurait l’idée d’une destinée funeste,  et du sort le plus léger celle d’une vie intense, s’élevant à quelques milliers de pieds au dessus des hommes. La splendide légèreté, la plume de part et d’autre d’une balance, nous offre un équilibre presque parfait. Si de nous même nous arrivions à faire de toutes les choses de la vie, des plumes sur une balance, nous connaitrions peut être alors la sustentation, la portance éternelle. Une plume, de plus ou de moins, sur la balance ne modifierait en rien notre équilibre mais attention à la lourde pierre qui s’y glisse car une légèreté infinie implique une situation permanente de déséquilibre en nous.

De la manière dont nous considérons les choses, elles peuvent toutes avoir leurs mérites. L’arbre ne remerciera-t-il pas la tempête et l’orage de l’avoir rendu plus fort, plus résistant ? Accepter le déséquilibre permanent n’est-il pas en soi un équilibre ?

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Cronos ou le temps qui dévore

janvier 16, 2009 · Laisser un commentaire

Les dieux grecs sont très humains, finalement trop humains.

Faillibles, colériques, jaloux, impulsifs, irrationnels, immatures.

Kronos qui dévore ses enfants car il craint d’en être détrôné comme d’ailleurs beaucoup de princes craignent, un jour, d’être détrônés par leurs fils. Kronos devient alors Cronos, le temps.  Le temps dévore tous ceux qui sortent de lui,  le temps mange ses enfants…

 LEsprit du temps est dans l’accélération, la tentative d’élimination du critère temporel, dans la disponibilité immédiate de toutes choses. D’ailleurs, le siècle d’innovation tend bien à vouloir réduire la valeur-temps et valeur-espace à la fois. Pire encore,  notre temps, bien public par excellence, « appartient aux hommes pressés en tout : ils veulent une vitesse vulgaire partout, dans leurs relations avec autrui, leurs plaisirs, leurs quêtes intellectuelles ou spirituelles, dans l’exercice de leurs sensations, de leurs émotions ».  (M.ONFRAY, L’archipel des comètes)

A force de vouloir fuir le temps, lui échapper, ne nous choisissons nous pas une situation d’effroi face à l’avenir ? Le roi vieillissant, assassinant ses fils, ne craint-il pas son sort  pourtant inéluctable ? La pulsion de mort est là, comme prophétie auto-réalisatrice de notre peur de l’incertain.  L’écologie, nous apprend à quel point notre rapport à notre Terre, source de vie, est biaisé par notre arrogance, notre volonté d’accumuler, de détruire, de posséder avant notre fin. Mais le temps ne finit-il pas toujours par nous rattraper, nous avaler sans jamais nous recracher ?

Faut-il y déceler une perte généralisée du désir, le besoin d’un désir instantané et indolore pour faire passer cette angoisse éternelle de ne pas être un dieu se nourrissant du nectar d’ambroisie ou plutôt ne faudrait-il pas affirmer notre fin comme le recommencement de toutes choses, comme un dernier sourire lancé aux dieux ?

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