Foule intelligente

Articles classés sous ‘Economie’

Crisis ? What Crisis ? (1)

mars 31, 2009 · Laisser un commentaire

La question est simple : que faut-il comprendre de l’utilisation du mot crise par l’homme politique, le journaliste, le citoyen Lambda et l’économiste Bêta?

La notion de crise, que ce soit dans le domaine médical ou dans son analogie économique, ramène avant tout au passé. Nous parlons de quelque chose qui a bien fonctionné mais qui ne fonctionne plus. Un organe sain soumit à un dérèglement. Il faut donc pour parler de crise, faire l’hypothèse ou admettre que le système fonctionnait correctement dans le passé.

La notion de crise est tournée vers le passé et invite à un retour à l’état initial.

Comment faire face à cette crise? Un plan de relance est effectivement une réponse, un remède probable à une crise mais n’offre que des solutions temporaires et inabouties si nous considérons la chose d’un tout autre point de vue. Cette deuxième approche pourrait être celle d’une mutation du capitalisme. La notion de mutation diffère de celle de crise car elle se situe sur un horizon temporel inverse.

La mutation fait face à l’avenir et nous invite à nous poser la question : vers où allons nous?

Voilà peut être le point de départ : le préjugé qu’implique le mot crise qu’on aime chantonner à tue-tête. Il est tout à fait concevable de considérer que les phénomènes actuels peuvent s’assimiler à une multitude de crises “mineures” amenant à une mutation structurelle du capitalisme et donc d’apercevoir, au loin, l’échec de mesures nécessaires mais conjoncturelles. La réflexion doit donc s’ouvrir dans ce sens au G20 : instaurer un nouveau mode de régulation, éviter l’amnésie sélective du capitalisme qui correspondrait à dire qu’il faut oublier pour avancer et relancer la course sans fin à la profitabilité, changer les instruments actuels de mesure des variables macroéconomiques, se tourner vers une économie combinant trois dynamiques se situant sur des horizons temporels différents que sont la finance sur le très court terme, la connaissance ou les compétences sur le moyen terme et l’écologie sur le très long terme.

Une partie de la réponse, ce jeudi. Je dis noir.

1 Titre d’un album de Supertramp sorti en 1975.

Catégories : Economie
Tagué : , , , ,

Perspectives en 2.0

juin 15, 2008 · Laisser un commentaire

Le monde du 2.0, c’est avant tout celui des réseaux, celui de la transformation du processus de création et d’accumulation des idées, des connaissances, des informations via les technologies de communication modernes telles internet, les mobiles ou encore les PDA. La notion de foule intelligente en est d’abord un élément clé puisque loin de décrire des attitudes individualistes éparpillées, elle décrit un phénomène collectif de participants actifs qui coopèrent dans un même but. Le savoir y apparait donc comme un processus continuel. Les exemples de ce type de réseaux sociaux, qu’ils soient virtuels comme Facebook, Wikipédia, MySpace, Classmates ou “matérialisés” sous la forme de manifestations et mobilisations comme les Flash mobs, se multiplient et impliquent des transformations conséquentes sur le monde culturel, social, politique et notamment économique. Ce type de réseaux engendre un espace de partage dynamique. Une sorte d’outil démocratique formidable pour communiquer, s’exprimer, s’informer ou agir mais comme le précise le pionnier de ce concept, Howard Rheingold, “une foule intelligente n’agit pas nécessairement judicieusement”, une telle foule peut aussi développer des effets négatifs à l’instar des rumeurs et amplifier les comportements moutonniers comme cela se voit régulièrement à la bourse.

Le monde économique semble, par son omniprésence dans la société, le plus soumis à d’importantes transformations. En effet et paradoxalement, les réseaux sont à la fois un ennemi et un allié de poids. Un ennemi tout d’abord car le marché est basé sur la rareté or ces communautés, pour reprendre l’expression de Bernard Maris, crée du lien et de la profusion. Un allié aussi dans le sens où les individus de ces réseaux sont plus enclin à fournir, de manière tacite puisque virtualisés par l’impression d’anonymat et de distance qu’offre un ordinateur, des informations sur leurs préférences, leurs habitudes, et leurs choix de vie d’une manière plus générale. Le rêve de toutes entreprises, le monde de l’information parfaite donnée au marché permettant l’équilibre parfait si théorique. L’information parfaite permettant la discrimination parfaite et la substitution totale du surplus du consommateur. L’exemple même est l’initiative de Facebook de ciblage publicitaire envers ses utilisateurs à l’aide de Facebook Ads. D’un manière plus inquiétante, Social Ads propose aux utilisateurs inconscients de partager les actions de son quotidien, de sa vie “réelle” telle ses achats, ses locations de vidéo ou autres informations de ce type. Tout ceci ramène à l’importance de la législation et de la présence de garde fou comme la CNIL pour prévenir la capture d’information dans ce nouveau cadre : la justice du 2.0.

Plus qu’un simple profil, votre identité numérique se forme et se complète au fil de vos connections. Le but initial de ses réseaux, basé sur la confiance, est totalement dépassé par le business qu’il engendre. Il parait évident que ces informations personnelles sont exploitables à double sens. D’une part, elles servent de base de donnée qu’une firme peut faire fructifier simplement par la revente ou la mise à disposition et d’autre part, elles identifient votre personnalité, vous “guident” dans vos choix de consommation.

Si G.Orwell nous avait mis en garde dans 1984 sur l’œil pénétrant et permanent de “Big Brother”, il faudrait maintenant penser à se prémunir des ombres des “Little Sister”, ces “Etats-Entreprises” qui par leurs tailles, leurs poids financiers et leurs positions dans la société accumulent les pouvoirs, face à des politiques publiques dépassées ou consentantes, en arguant le principe de liberté mais liberté économique évidemment… Face à l’entrée du marketing dans la politique, la question est aussi de savoir si dans le futur nous seront considérés plus comme des citoyens ou de simples consommateurs? Dans ce cadre, j’adhère, moi aussi avec ce blog, en toute conscience au système d’un réseau social et en attendant, avec humour l’apparition de “villes serveurs” capables de gérer, trier, classer et exploiter nos données de manière autonome à chacune de nos connections, rien ne vaut l’adage suivant; Vivons heureux, vivons cachés!!

Catégories : Economie · Sciences / Technologies · Société
Tagué : , , , , , , , , , ,