Foule intelligente

Du besoin d’équilibre et de la naissance du déséquilibre

janvier 18, 2009 · Un commentaire

“En rêve, dans mon dernier rêve matinal, je me tenais debout, aujourd’hui, sur un promontoire au delà du monde, je tenais une balance et je pesais le monde”

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra

 

Faire comme on peut semble le mot d’ordre. Il n’y a heureusement pas de mode d’emploi, ni de manuel d’une vie intense et épanouie. Quand nous pensons avoir atteint un certain niveau de sagesse, d’équilibre, nous nous relâchons alors de notre effort et de notre volonté, et nous nous rendons compte dans le même temps que nous pouvons tomber de haut, de plus en plus haut. Mais la vie ne nécessite-t-elle pas de guerroyer, de livrer des batailles permanentes et de ce fait, d’apprendre à supporter les défaites et à affirmer les victoires? L’alpiniste doit, pour offrir à ses yeux de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives, s’élever et prendre tous les risques liés à son ascension, là uniquement est son bonheur.

La vie mérite bien cette force immanente et surprenante qui nous fait faire milles erreurs pour une joie.

Les mots et même parfois de simples lettres réclament notre compréhension. 

Equilibre. Un mot de neuf lettres. Neuf lettres qu’on ne peut partager de manière égales et donc qu’on ne peut harmoniser, pondérer, équilibrer. Il prend tout son sens. Le désir d’équilibre est fait de tâtonnements, d’incertitudes, d’errements. L’homme devant une telle balance doit peser ses intentions au risque de déséquilibrer profondément l’ensemble.

Plus que de peser, il se doit d’assez de sagesse pour voir et apprendre que la conséquence de ses actes dépasseront toujours ses intentions initiales.

Là, se trouve une idée parmi d’autres de la légèreté, celle de l’inattendue, de l’imprévisible. Accepter le fait qu’on ne peut pas tout contrôler, que les choses de la vie nous échappent sans raison mais aussi que nous somme capable de les supporter comme telles. La sensibilité d’un tel équilibre est alors rendu difficile. Rappelons nous que Zeus, dans L’Iliade, dispose de « balances sacrées » lui permettant d’apprécier le sort des mortels, le poids qui guide leurs destinées. Du sort le plus lourd demeurait l’idée d’une destinée funeste,  et du sort le plus léger celle d’une vie intense, s’élevant à quelques milliers de pieds au dessus des hommes. La splendide légèreté, la plume de part et d’autre d’une balance, nous offre un équilibre presque parfait. Si de nous même nous arrivions à faire de toutes les choses de la vie, des plumes sur une balance, nous connaitrions peut être alors la sustentation, la portance éternelle. Une plume, de plus ou de moins, sur la balance ne modifierait en rien notre équilibre mais attention à la lourde pierre qui s’y glisse car une légèreté infinie implique une situation permanente de déséquilibre en nous.

De la manière dont nous considérons les choses, elles peuvent toutes avoir leurs mérites. L’arbre ne remerciera-t-il pas la tempête et l’orage de l’avoir rendu plus fort, plus résistant ? Accepter le déséquilibre permanent n’est-il pas en soi un équilibre ?

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1 réponse jusqu'à présent ↓

  • Anaïs Oddou // janvier 19, 2009 à 7:05 | Répondre

    Jolie et intéressant métaphore à propos de l’arbre et tempête.
    Pour continuer celle-ci, je dirai que malheureusement, juste avt la tempête, l’arbre, pr ne pas dire tt le tps, très svt, n’apprécie guère la tempête, et donnerait n’importe quoi pour qu’elle ne le touche pas.

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